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Samedi, 25 Novembre 2017 - 06:26

2008, retrousser ses manches

C’est un coup de colère qui a déclenché Miaa. Le 23 novembre 2008. Alors que le gouvernement débloquait 360 milliards d’euros pour les banques, on annonçait le premier mort de froid dans la rue. Et on s’est dit que râler, ça ne suffisait pas, il fallait retrousser ses manches.
Parce qu’intermittents du spectacle, les membres fondateurs ne peuvent pas s’engager dans une association caritative qui demande une présence régulière. Alors l’idée est venue de créer Miaa. Une association qui permette à chacun de participer comme bénévole quand son emploi du temps le permet. Sans engagement. En effet, qui saurait refuser un tournage de film, un spectacle, une tournée, pour du bénévolat?
Dès le premier mail envoyé, les bénévoles répondent. Dans un appartement, au 17 rue du temple dans le quatrième arrondissement, on cuisine les premiers repas. Au départ, 40 repas par jour. C’est familial et sympathique. Pas de politique, pas la prétention de vouloir changer le monde. Il s’agit pour chacun d’un geste de générosité. Entre deux projets de travail, on a du temps. On sait en consacrer une partie pour ceux qui souffrent plus que les autres. Les productions de films sont contactées. Le mot d’ordre: moins de gaspillage, à miaa, on récupère. Les restes de café, gobelets, sucre, etc... Et les vêtements. Plusieurs productions réagissent et répondent positivement. Très vite l’appartement est envahi par les vêtements (des tonnes de costumes des films), des couvertures, des chaussures. On fait aussi nos premières collectes alimentaires. On lance des appels aux dons, qui financent tant bien que mal les repas.

2009, premières maraudes

Lors de nos premières maraudes, on rencontre des membres de la Croix Rouge, délégation du onzième arrondissement. Ils décident de nous aider et nous mettent en contact avec la mairie du onzième. Jacques Daguenet, adjoint au maire chargé de la solidarité, nous trouve un hébergement. Nous nous installons à la Petite Rockette, 6 rue St Maur 75011. C’est un squat d’artistes qui nous met à disposition sa cuisine et une pièce de stockage. On passe très vite à 100 repas par jour, parfois jusqu’à 120. Tout dépend du nombre de bénévoles. Et ce sont plusieurs centaines de bénévoles qui répondent à nos appels.  Mais les moyens financiers sont limités. Les dons privés ne suffisent pas à payer les repas.On organise notre premier événement: un concert au Cabaret Sauvage, une expo photo, puis une première braderie. Les stocks de costumes de films sont tellement importants, que nous décidons de faire notre première braderie solidaire.Les ventes servent à financer les repas.Les prix restent très bas pour permettre à ceux dont le pouvoir d’achat ne permet pas de s’équiper dans les boutiques parisiennes, de s’acheter ce dont ils ont besoin.

2012, nouveau départ

Malheureusement, la Petite Rockette ne convient pas longtemps: l'association ferme au printemps 2009. Nous rencontrons alors Patrick Chenu, Directeur de la MJC au 4 rue Mercœur 75011, qui nous accueille. Au début de l'été, nous sommes installés au dessus de la MJC et Miaa reprend ses activités. Et puis il faut rendre ce local prêté car la MJC restructure ses murs et étend sa surface. Vient alors une période sans lieu de travail : les différentes pistes pour obtenir un local mis à disposition gratuitement conduisent à des impasses. Pendant l'hiver 2011/2012, Miaa ne cuisine plus et suspend son activité. Devant ce constat, le CA décide de changer son approche en partant à la recherche d'un local à louer et en parallèle de  donnateurs importants pour garantir la prise en charge du loyer. Là encore, quelques déconvenues: notre but et notre statut peuvent faire peur aux bailleurs. Nous trouvons enfin en juin 2012 une agence et un propriétaire qui louent un local idéal et à qui nous ne faisons pas peur. Des organisations s'engagent en nous garantissant le financement du loyer. Nous nous installons au 14 rue des Carrières d'Amérique dans le 19ème. D'importants travaux sont alors lancés avec tous les bénévoles qui peuvent mettre la main à la pâte. La cuisine s'installe, le gaz est installé, la grande table de cuisson qui patientait est remise en service et en septembre 2012, nous reprenons la cuisine et les maraudes à la satisfaction des bénévoles et des personnes dans la rue que nous retrouvons au fil des maraudes. Cette nouvelle étape pose les bases d'une activité pérénisée sur la durée : nous pouvons nous consacrer pleinement à notre but premier, venir en aide aux autres.

Pour les années à venir, nous devons consolider notre fonctionnement quotidien : quelques aménagements encore du local, un financement plus solide de notre activité.